Le guide de la parfaite anti-conférence archivistique

Une autre année, un autre congrès de l’AAQ !

Contrairement à l’an dernier, je n’ai pas participé directement à l’organisation du congrès annuel de l’association. J’étais plutôt dans les coulisses en support à ma responsable des communications de congrès et je voulais que cela reste à ce niveau, mais finalement, je n’ai pas pu m’empêcher de proposer une conférence ! Ma proposition est venue suite à un 2e appel par le comité pour combler quelques trous dans le programme. J’aurais pu m’abstenir, mais il y avait des discussions sur la possibilité de monter une anti-conférence vu que celle de l’an dernier avait été bien appréciée. Mon petit côté «control freak» a pris le dessus et j’ai soumis une conférence pour ne pas que quelqu’un d’autre le fasse.

Hey oui, je suis honnête, des fois ça m’arrive d’être possessive de mes idées ! (Je ne dis pas que le concept d’une anti-conférence est mon idée, plutôt que l’idée d’en faire une au congrès de l’AAQ l’est.) Comme je tente de m’améliorer et tempérer mes poussées dictatoriales, j’ai décidé d’écrire comment monter une anti-conférence pour en inspirer d’autres à faire de même, qui sait peut-être pour le Congrès 2019 ! Contrairement au titre, ceci n’est pas un guide parfait, mais mon article devrait au moins donner une bonne base aux volontaires qui décident de se lancer.

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Crédit: Isabelle Dion pour l’AAQ

DÉFINITION D’UNE ANTI-CONFÉRENCE

Le terme «anti-conférence» vient du terme anglais «unconference». L’origine du concept a des racines très anciennes, mais on voit apparaître ce terme dans la littérature vers la fin des années 90 (selon ce que dit Wikipédia).

L’idée est d’offrir une alternative aux conférences classiques. Le format que nous connaissons tous où un ou plusieurs conférenciers sont en avant, souvent sur une estrade, et parlent pendant la majorité de la séance avec possiblement à la fin un 5 minutes de questions et réponses avec le public. Ce type de format convient à certaines présentations, mais ne fait pas une grande place aux échanges. Une anti-conférence tente de défaire les idées préconçues de ce qu’est une conférence. La séance n’est plus une présentation magistrale, mais un moment dédié à des échanges d’individus à individus.

Il est possible d’attribuer le terme à une séance en particulier ou même à un événement en soi lorsqu’on fait fi de l’organisation verticale standard et des frais d’entrée, par exemple. Le sujet des séances peut même être choisi par les participants le jour même.

J’ai découvert ce concept par les organisations d’UPop (Université populaire), notamment lors de ma maîtrise à l’EBSI, par l’entremise de mes collègues bibliothécaires.

ÉLÉMENTS (POSSIBLES) D’UNE ANTI-CONFÉRENCE2017-congrc3a8s-christine02

  • Une thématique générale
  • Un ou deux intervenants qui présentent leur opinion pour démarrer la conversation
  • Un animateur pour gérer les tours de parole et possiblement ramener la conversation à l’ordre si on perd le fil
  • Un tableau blanc/grand cahier de notes pour écrire les éléments qui ressortent
  • Un espace qui permet d’accueillir (asseoir) tout le monde au même niveau, possiblement en « loose circle » pour permettre à tous de voir et entendre les intervenants.

POURQUOI UNE ANTI-CONFÉRENCE DANS LE MILIEU ARCHIVISTIQUE (QUÉBÉCOIS)

Le format d’une anti-conférence m’a apparu comme un ajout hyper pertinent dans la routine du congrès de l’AAQ. Ce moment annuel est le lieu de rencontres et de réunions d’archivistes de différents milieux, régions, niveaux d’expérience, etc. Cependant, l’horaire d’un congrès (AAQ ou autre) est souvent très rempli et ne laisse pas beaucoup de place ou de temps pour des échanges inhibés, à part pour les moments de pause ou de repas. Souvent ces moments sont utilisés pour retrouver d’anciens collègues et des amis pour discuter entre nous ; ce qui est tout à fait normal !

Je trouvais qu’il manquait d’espaces pour échanger sur différents enjeux du milieu archivistique et tenter d’amener des points souvent soulevés entre nous, mais de le faire dans l’optique de trouver des solutions plutôt que seulement se défouler sur les enjeux de notre milieu. Les enjeux techniques et théoriques sont déjà bien représentés dans les conférences standards, mais pour certains sujets, tels que la définition ultime du rôle de l’archiviste et la pédagogie comme solution au problème de reconnaissance des archivistes (points soulevés lors de la première anti-conférence), ils nécessitent peut-être un autre format afin de définir des actions concrètes pour résoudre ces enjeux.

Anticonference2018

Aussi, ce n’est pas parce qu’on ne soumet pas une conférence qu’on n’a rien à dire ! Offrir un temps de parole à tous nos collègues de tous les horizons ne peut qu’aider les archivistes à se sentir partie prenante d’une communauté forte.

JE VEUX PROPOSER UNE ANTI-CONFÉRENCE — QU’EST-CE QUE JE FAIS

  • Trouve une thématique générale pour orienter les discussions.
  • Trouve un titre.
  • Écris un petit texte de présentation selon les directives données par l’organisation de l’événement dans lequel tu espères présenter.
  • Identifie possiblement 2-3 personnes qui promettent d’être là pour s’assurer que la conversation lève.
  • Réfléchis à ton sujet pour amener des points intéressants.
  • Aie plein de plaisir !

Pour ceux qui voudraient en connaître plus sur les deux anti-conférences que j’ai organisées pour les congrès de l’AAQ :

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