Un blogue, ça peut être utile

Ça fait trois ans que mon petit site WordPress existe pour mettre de l’avant mes projets et mes idées. J’écris quelques articles de blogue par année, ce qui n’est rien en comparaison avec la quantité de brouillons qui trainent sur mon ordinateur. Mais la semaine dernière, j’étais tellement énervée par l’émission que j’entendais à la radio que j’ai écrit en quelques minutes un article.

Je suis bien contente de ne pas m’être autocensurée, de ne pas avoir eu peur de prendre la parole publiquement. Grâce à ma spontanéité, j’ai eu la chance d’être invité par Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard pour discuter de mon métier. Un métier que tout archiviste reconnaît être peu connu, mais nous ne semblons pas avoir de solutions concrètes à cette méconnaissance.

Jean-Philippe m’a dit être bien content que j’accepte l’invitation ; ce n’est pas tout le monde qui l’aurait fait. Mais quelle incohérence de critiquer notre manque de visibilité sans sauter sur cette occasion en or ! Malgré ma nervosité et les heures de travail que je devrais rattraper, jeudi dernier en matinée, j’étais en studio avec Jean-Philippe et Serge en studio.

Notre discussion va être ajoutée comme extra à la baladodiffusion de cette semaine (pour ceux qui n’utilisent pas iTunes, vous pouvez télécharger directement le mp3 du fil RSS, l’entrevue est à partir de la 53e minute: http://medias-balado.radio-canada.ca/diffusion/2017/04/balado/src/CBF/2017-04-09_20_00_00_CESTFOUBALADO_0000.mp3). Je ne sais pas si je vais l’écouter. Difficile d’être objectif envers soi-même, mais je sais que j’ai passé par dessus des notions et des nuances qui feront tiquer mes collègues et moi-même. Je ferai mieux la prochaine fois !

On ne voulait pas que la rencontre devienne une défense des choix faits par l’équipe et une défense de ma vision. On a discuté de divers aspects du métier de manière décontractée, mais je voulais revenir sur certains éléments si jamais un des auditeurs vient faire un tour par ici.

 

Comment évaluer quels documents on acquiert/on conserve ?

Pour simplifier…

On donne trois types de valeur à tout document produit : valeur administrative (le document permet les activités quotidiennes d’une personne ou d’un organisme), valeur légale (valeur de preuve pour faire respecter ses droits) et valeur historique (valeur patrimoniale pour documenter la vie d’une personne, d’un organisme, d’une région, etc.).

On a un outil, le calendrier de conservation, qui donne des délais de conservation en se basant sur les besoins administratifs et les lois. Lorsque les documents arrivent à la fin de leur vie administrative et légale, la majorité de ceux-ci sont détruits. Ceux conservés ont une valeur historique.

Tout ce processus sous-entend qu’un archiviste est présent. Souvent ce n’est pas le cas pour des archives privées. Pour l’acquisition, on va donc évaluer selon le sujet représenté par les documents (sujet peu documenté, personnage important pour l’histoire de la région), selon notre capacité de le conserver (un document trop atteint par des moisissures sera probablement refusé) et selon notre capacité de diffuser les documents (un donateur qui refuse que les documents soient diffusés ou demande une restriction de consultation trop longue va influencer notre décision).

Une fois l’acquisition terminée, on va traiter la masse documentaire pour en faire un tout compréhensible et permettre de diffuser l’information. Pour ce faire, on va encore une fois évaluer la masse et tenter d’avoir un maximum d’informations dans un minimum de documents. Parce que la valeur ne se trouve pas nécessairement dans l’abondance. Cet élagage est nécessaire pour s’assurer que les ressources (humaines, financières, technologiques, temporels) mises à profit au cours du travail requis pour le traitement, la conservation, la diffusion et la consultation soient bien utilisées.

Évidemment, dans ce processus d’évaluation, même si on a une formation, une expérience, des collègues avec qui échanger pour valider nos choix, on est des humains et une partie de notre jugement sera teinté par notre personnalité et notre parcours.

 

Pour connaître ce que les archivistes font

  • Suivez l’Association des archivistes du Québec sur ces différentes plateformes !

http://archivistes.qc.ca/

https://www.facebook.com/ArchivistesQc/

http://twitter.com/archivistesQc

L’Association organise souvent des activités gratuites telles que des 5à7 Vie d’archiviste qui vous permettront de rencontrer de vrais de vrais archivistes !

 

 

  • Une équipe d’archivistes beaucoup trop motivés organise un Jeu de piste archivistique à Montréal en juillet… C’est quoi un Jeu de piste archivistique ? Restez à l’affût des activités de l’AAQ pour en savoir plus !

 

Sujets dont un archiviste peut parler - Avis aux recherchistes, animateurs, etc. !

La discussion à C’est fou a porté sur le métier, mais les archivistes peuvent parler d’autres sujets parallèles à leur métier ! Comme un historien ou un journaliste qui parle d’archives. 😉

  • Confidentialité : Que ce soit des documents administratifs ou des archives historiques, les archivistes doivent assurer la confidentialité des informations qui leur sont confiées. On tente de garder l’équilibre entre le désir des usagers d’accéder à l’information et la protection des données.

 

  • Confiance : Toutes ces informations consignées dans des documents sont produites par des individus, des entreprises, des familles. On se doit de les convaincre de nous faire confiance (que nous protégerons leurs documents tant physiquement que moralement) pour pouvoir mener à bien notre métier.

 

  • Compassion : Le deuil, la perte d’êtres chers sont des événements qui marquent souvent le processus d’acquisition. Avoir de la compassion et de l’empathie est donc un atout.

 

  • Intimité et émotions : Une photographie vaut mille mots. Acquérir un fonds ou même seulement un document implique mille émotions. La même chose pour la diffusion de ces documents. Chaque jour, on reçoit ces émotions de nos donateurs et de notre public.

 

  • Et tant d’autres choses !

 

Est-ce que j’ai changé la vision des archivistes du grand public par ma participation à l’émission ? Non. Mais au moins, j’ai saisi l’opportunité qui s’est présentée. Et j’ai rendu ma mère bien fière en étant interviewée par Serge Bouchard !

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