J’ai écouté C’est fou et je rageais dans ma cuisine…

Deux heures d’émissions sur les archives, sur la promotion des archives, les enjeux de l’archivage numérique et qui sont les invités ?

Un historien, une essayiste, un journaliste, une bibliothécaire…

Il faut aller chercher des partenaires, il faut s’ouvrir aux multiples disciplines qui interagissent avec notre milieu. Mais il faut aussi mettre de l’avant notre expertise. Vous savez qui est bon pour parler des archives, de leur conservation tant papier que numérique et de leur promotion ? Un archiviste.

Une évidence ? Il semble que non, considérant que l’émission C’est fou présente une série de deux émissions portant sur les archives sans inviter une seule personne œuvrant chaque jour à protéger, à acquérir, à diffuser ces précieuses archives. À Radio-Canada, il y a eu des coupures, mais ça ne se peut pas que Jean-Philippe Pleau ne soit pas capable de trouver un archiviste à l’interne pour l’interviewer. Pierre Savard du Centre d’archives publicitaires a eu droit à une minute d’intervention. Je suis incertaine de sa formation, mais si la notion de l’accessibilité des archives publicitaires était si importante qu’elle méritait un segment à elle seule, est-ce que cet invité ne méritait pas plus de temps de parole ? Avoir un archiviste invité durant l’émission aurait pu aussi amener l’idée que si la conservation et la diffusion des archives sont primordiales pour une société, il faudrait peut-être s’assurer que nos institutions de conservation reçoivent le soutien financier approprié de nos gouvernements. Et conséquemment, que les travailleurs du patrimoine puissent jouir de bonnes conditions de travail.

Comme leur invité Catherine Léger-Voyer mentionnait qu’«elle ne s’amuse pas à jouer à l’archiviste chez elle». Merci ! Ne se proclame pas archiviste qui le veut. Nous sommes des professionnels avec une formation et de multiples années d’expérience qui nous penchons continuellement sur les questions entourant le patrimoine archivistique québécois et international. Nous apprécions énormément nos collègues bibliothécaires. Cependant, l’archivage – maintenant et dans les décennies à venir – de documents d’archives (donc uniques) privés ou publics ne comporte pas les mêmes enjeux que la gestion du patrimoine publié qui est la sphère d’activité des bibliothécaires.

Évidemment, on a mentionné le mot archives, centre d’archives, Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ) et on a même mentionné le Centre d’archives de BAnQ à Rouyn-Noranda. On a dit à multiples occasions comment les enjeux d’accès aux archives étaient centraux à une société. Mais ça reste un peu comme un gars qui te dit «T’es belle!», «T’es fantastique!», mais qui trouve toujours des bonnes excuses pour ne pas te présenter à ses amis. Un moment donné, ça suffit les beaux sentiments, tu veux te montrer un peu.

La semaine prochaine la thématique c’est les extraterrestres… Inviter un archiviste ! Clairement, on est des ovnis.

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